Entretien avec Benjamin Lacombe


Tous les entretiens
Geneviève Marmin, étudiante en licence professionnelle en métiers de l’édition,à l'IUT Paris Descartes, a réalisé un entretien avec l'auteur-illustrateur Benjamin Lacombe.
Mis en ligne en novembre 2007
Comment êtes-vous devenu auteur illustrateur jeunesse ? Est-ce une vocation ?
Benjamin Lacombe. : J’ai toujours un peu dessiné mais je l’ai fait plus sérieusement à partir de 16 ans. A 19 ans pendant mes études à l’ENSAD (Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs), j’ai écrit et dessiné l’Esprit du temps (2 tomes) et j’ai aussi travaillé pour la publicité. J’ai créé le personnage de Cerise Griotte pour mon grand projet de fin d’étude. Ce n’est qu’après que l’histoire m’est venue.

Quels sont les illustrateurs qui vous influencent ?
B. L. : Je ne sais pas trop. Je dois dire que j'aime des illustrateurs et des auteurs BD de tous horizons (français, américains, japonais). Je regarde ce qu’ils font sans pour autant affirmer qu’ils sont des sources directes d’inspiration. Pour ce qui est des auteurs français, il y a Loisel, bien sûr tout est sublime chez lui. Je peux citer aussi Bourgeon, Yslaire, de Crecy, Frederik Peeters, Guarnido…et tant d’autres que j’oublie et surtout tant d'autres pays !



Qu’employez-vous comme techniques pour vos illustrations ? Choisissez-vous votre technique par rapport au texte ?
B. L. : Oui. Pour Cerise Griotte j’ai utilisé la pierre noire et l’informatique, pour La funeste nuit d’Ernest, la gouache et la pierre noire. J’utilise cette dernière quand je veux rendre un univers sombre, pour faire sortir la noirceur et la gouache pour faire ressortir la légèreté d’un personnage. Ce qui a été le cas pour Les amants papillons où j’ai utilisé l’huile et la gouache pure.

Comment se passe la genèse d’un album ? Le texte vient-il avant les illustrations ou l’inverse ?
B. L. : Le texte est vraiment important. C’est à partir de lui que je créée une atmosphère, l’univers des personnages. Pendant la construction d’une histoire, je la raconte à mes proches ou à moi-même et l’écriture se fait au fur et à mesure. Puis viennent les illustrations.

Pour un nouvel album, qui décide du thème ou du sujet ?
B. L. : Avec la maison du Seuil, je décide de la programmation des albums sur plusieurs mois si ce n’est sur plusieurs années. C’est une collaboration étroite et les propositions peuvent venir de leur côté comme du mien. La programmation peut être bousculée lorsque je reçois des textes très forts, ce qui a été le cas pour le prochain album L’enfant silence (de Cécile Roumiguière) qui sortira l’année prochaine.

Quel est votre degré de participation à la mise en place et du suivi de votre site Internet ?
B. L. : Je me suis occupé de tout le graphisme et c’est Sébastien Perez, un auteur avec qui je travaille régulièrement qui a pris en charge toute la partie technique.

Quels liens entretenez-vous avec les auteurs illustrateurs présents sur votre site ?
Ce sont des personnes dont j’apprécie le travail et avec qui je collabore ou ai collaboré à des degrés divers.

Avez-vous des projets de collaboration avec d’autres auteurs ?
B. L. : Pour l’instant je n’ai pas de projet prévu avec des auteurs, hormis Sébastien Perez.



Et d’une manière générale :
Quelles sont vos sources d’inspiration ?

B. L. : Assez multiples en fait. Dans tous les domaines : cinéma, peinture, illustration. Je suis extrêmement ouvert graphiquement, mais c’est vrai que principalement, j’aime beaucoup l’école américaine : Edward Gorey, Tim Burton, Marc Ryden… Chez les Français : Rebecca Dautremer, Pierre Mornet, François Roca… ça c’est pour l’illustration. En peinture, je suis fanatique des primitifs flamands, du XIXe siècle aussi, de la sécession viennoise, de la peinture française… je suis très éclectique dans mes choix. J’aime aussi beaucoup la photo qui m’inspire peut-être plus encore que toutes les autres disciplines. Sinon au cinéma, j’aime le cinéma d’auteur et parfois, également, j’aime un cinéma plus ouvert avec plus d’effets visuels comme celui de Guillermo Del Toro qui a réalisé Le labyrinthe de Pan.

Que lisez-vous ? Quel genre ? Quels auteurs ?
B. L. : La littérature du 19ème siècle m’influence avec des auteurs comme Edgard Allan Poe ou alors Oscar Wilde et aussi comme je l’ai déjà cité Edward Gorey.

Qu’écoutez-vous ? quel genre musical ?
B. L. : Là encore je suis éclectique. J’écoute de la soul music, de la musique électronique. J’aime tout aussi bien Emily Simon que des artistes de la Montown.


Geneviève Marmin, licence professionnelle "métiers de l’édition, option bibliothèques", IUT Paris Descartes,
Promotion 2007 – 2008
Voir aussi : La biographie de Benjamin Lacombe sur Ricochet
new