Entretien avec Jérôme Lambert


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Elise Bideau, étudiante en licence professionnelle "Métiers de l'édition" à l'IUT PARIS Descartes, a rencontré Jérôme Lambert au mois de novembre 2007 pour un entretien.
Mis en ligne en novembre 2007
Elise Bideau, licence professionnelle « Métiers de l'édition », option bibliothèque IUT Paris Descartes, promotion 2007-2008.


Pourquoi avoir publié à l'Ecole des Loisirs ? Etait-ce un véritable choix ou avez-vous saisi une opportunité ?

En 2000, quand je cherchais du travail dans l'édition, j'ai postulé chez plusieurs éditeurs avec une priorité pour ceux que j'appréciais particulièrement dont l'Ecole des Loisirs. Pour ma plus grande chance, ma candidature les intéressait et j'ai donc été embauché par l'Ecole des Loisirs.
Pour mon premier roman Tous les garçons et les filles, c'est naturellement à cette maison que j'ai pensé, mais je n'osais pas dire à Geneviève Brisac (directrice de la fiction textes) que j'avais écrit quelque chose ! Finalement, après avoir lu mon manuscrit, elle l'a fait lire par un comité de lecture qui l'a approuvé. C'est ainsi que j'ai été publié par l'Ecole des Loisirs.


Vous avez écrit des romans relatant les instants de vie d'adolescents ordinaires, se posant des questions sur eux-mêmes. Pourquoi ce style de romans ? Quelle est la réceptivité des jeunes ?

Je ne sais pas écrire d'histoires et c'est par défaut, en quelque sorte, que je me suis tourné vers ce style de roman. L'écriture de récits intimistes m'est venue naturellement. Par ailleurs tous les adolescents veulent être comme tout le monde et en même temps recherchent la différence. Les jeunes sont très réceptifs à ce type de romans qui font écho à leurs questions, leurs réflexions.


Pourquoi avoir choisi d'aborder le thème des relations amoureuses à l'adolescence ? Et notamment à travers l'homosexualité dans Tous les garçons et les filles ?

En 2002, pendant que j'écrivais La Mémoire neuve (paru « pour adultes » aux Éditions de L'Olivier), j'ai eu le sentiment de devoir raconter le passé de Julien, le narrateur, d'expliquer mon personnage. C'est ainsi que j'ai commencé à écrire Tous les garçons et les filles, l'histoire de Julien et de son éveil à son homosexualité.
J'ai également, pour ce livre, voulu remplir un vide éditorial. En littérature, les livres abordant l'homosexualité sont tous écrits d'un point de vue externe. Ce sont toujours les proches qui racontent l'homosexualité d'un(e) autre (un père, un frère, un oncle, un cousin, un ami...). Avec ce roman, je voulais parler de l'homosexualité à la première personne, ce que ressentent les jeunes quand ils se découvrent homosexuels. Avec Meilleur ami, j'ai tout simplement voulu évoquer la naissance du sentiment amoureux à l'adolescence: l'éveil à l'amour mais également la perception de ce sentiment.


Vous avez choisi le titre Tous les garçons et les filles pour votre premier roman, pourquoi ?

A l'écoute de la chanson de Françoise Hardy, je me suis dit que la phrase « tous les garçons et les filles » ferait un bon titre de livre. Ce qui au départ n'était qu'un clin d'œil est devenu un titre convenant parfaitement au livre. Le personnage principal Julien n'est pas, en effet, comme tous les garçons et les filles.


En 2006 vous avez écrit votre premier roman pour les plus jeunes lecteurs. L'essai a-t-il été positif ? Souhaitez-vous retenter l'expérience ?

J'ai très envie de continuer l'expérience. Au départ j'ai tenté l'expérience par défi car c'est très difficile de le faire. Je voulais écrire pour les plus jeunes tandis que Kimiko voulait écrire des albums plus complets. C'est comme ça que nous avons écrit Comme le soleil dans la Collection Mouche. J'aimerais d'ailleurs retravailler avec elle. Écrire pour les plus jeunes est très gratifiant. Leurs réactions sont spontanées. Ils n'hésitent pas à regarder les livres avant de les acheter ni à exprimer leurs opinions dessus.


Rencontrez-vous votre public autrement que par les salons et les séances de dédicace ?

J'aimerais beaucoup mais malheureusement mon travail me prend du temps. J'arrive néanmoins à le faire. Je trouve très constructif de rencontrer des classes, surtout quand ces rencontres sont bien préparées. Elles permettent notamment de rester au contact de mes lecteurs et de la réalité que je décris dans mes livres.


Que lisiez-vous quand vous étiez adolescents ?

Je ne lisais pas ou plutôt je me contentais de lire les livres imposés par les professeurs. Je n'avais pas de curiosité pour les livres. Après mon bac, quand j'ai commencé mes études de lettres modernes, je me suis dit qu'il fallait peut-être m'y mettre! J'ai donc commencé à lire des livres, en commençant par les classiques et en ouvrant sur les auteurs contemporains vers 21/22 ans.




Quelles sont vos influences littéraires et artistiques dans votre métier d'écrivain ?

Je n'ai pas d'influence particulière. On peut dire qu'elles sont variables. Je m'inspire de mes lectures du moment. Ainsi avant d'écrire Finn Prescott, j'avais lu beaucoup d'auteurs américains de la première moitié du XXème siècle. De plus, je ne m'inspire pas du style des auteurs que je lis. Je préfère m'imprégner de leur source d'inspiration pour créer mes propres livres.
Voir aussi : La biographie de Jérôme Lambert sur Ricochet
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