Entretien avec Florence Aubry


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Née à Besançon, Florence Aubry y a fait toutes ses études. Elle commence par suivre parallèlement une licence de lettres modernes et une licence de sciences du langage puis se dirige vers une matière qu’elle estime plus scientifique et intègre une licence de géographie, jusqu’au DEA. Florence Aubry passe ensuite le Capes de documentation et sa première affectation a été un collège de la Somme où elle restera cinq ans avant de rejoindre le Languedoc Roussillon. Elle est professeur documentaliste en collège et habite actuellement un petit village à quelques kilomètres de Narbonne.
Mis en ligne en mars 2009
- Tout d’abord, pourquoi vous adressez vous à un public adolescent ?
Je crois qu'il s'agit du public avec lequel je me sens le plus d'affinités, parce c'est le public avec lequel je travaille d'une part - je suis documentaliste en collège -, et aussi parce que c'est une période de ma vie que j'ai beaucoup aimée. Ecrire pour les adolescents m'oblige à entretenir, à soigner le lien avec l'adolescente que j'étais, et qui m'est restée très proche.

- Quelle lectrice êtes-vous vous-même ? Comment a commencé votre goût pour la littérature ?
J'aime les policiers, les classiques, mais aussi la littérature contemporaine, française, américaine et anglaise. Des auteurs comme David Foenkinos, Anne Fine, Joseph Connolly, Jean-Paul Dubois, Régis Jauffret, Gilles Leroy, enfin il y a tellement d'auteurs que j'aime !

- Certains thèmes que vous abordez dans vos romans sont des sujets graves, comme celui sur la maltraitance des personnes âgées dans Mamie en miettes. Comment pensez-vous que le jeune lectorat aborde ces problèmes ?
Je choisis des sujets qui m'interpellent personnellement, comme la maltraitance des personnes âgées au sein des familles, phénomène de société que j'ai découvert à l'occasion d'une campagne de sensibilisation à la maltraitance des personnes âgées dans les institutions, ou encore le phénomène des Hikikomori que j'ai découvert dans un reportage. Ça me plaît également de trouver un sujet qui n'a pas encore été traité - enfin à ma connaissance, car on n’a jamais de certitude -, comme l'adultère dans Pour le meilleur. Lorsque je choisis de traiter un phénomène de société, je n'ai pas d'autre prétention que de le pointer du doigt et parfois, je suis étonnée que des sujets que je pense être familiers aux élèves leur soient pour la plupart complètement étrangers, comme la violence de l'adulte au volant par exemple, dans Daddy Road Killer, et parfois totalement le contraire.



- Quelle place donnez-vous à l'image dans vos livres ?
Mes romans ne sont pas tous illustrés. Mais j'aime découvrir le produit de mon texte et de l'imaginaire de l'illustrateur, c'est un plaisir extraordinaire. Je n’ai souvent aucun contact avec les illustrateurs, imposés par les éditeurs, mais j’ai parfois l’occasion de croiser certains d’entre eux sur des salons. Par exemple Vanessa Gautier qui a eu la gentillesse de m'offrir l'original d'un dessin qui illustrait l'un de mes romans, et que j'aimais beaucoup.

- Avez-vous d'autres projets en cours de réalisation dont vous avez envie de nous parler ?
Sur le roman que je suis en train d'écrire, je peux juste vous dire qu'il se passe en 1986, l'année de l'accident de Tchernobyl, un évènement qui m'a beaucoup marquée. Et je travaille sur un album, une histoire d'amour impossible, une coccinelle qui tombe raide dingue d'un beau renard roux.

Propos recueillis par par Marine Gastinel, étudiante en licence professionnelle "métiers de l'édition" à l'IUT Paris Descartes
Voir aussi : La biographie de Florence Aubry sur Ricochet
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