Entretien avec Claudine Aubrun


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Mis en ligne en septembre 2001

Claudine Aubrun vient de faire paraître un roman sous le titre, Cruelle bouchère aux éditions Syros. L'occasion pour Ricochet mieux la connaître.




Ricochet : Quelques petits mots pour vous présenter ?
Claudine Aubrun : Ma vie est plutôt paisible. J’aime beaucoup rire, voir des amis, sortir, voyager, avoir des relations simples avec les gens. Je n’impressionne personne. Enfin, je crois. Par contre, dans mes livres j’aime créer du suspens et de la tension. Souvent les enfants qui lisent mes livres disent qu’ils ont eu peur mais qu’ils ont tenu jusqu’au bout. Je prends ça pour un compliment.

Ricochet : Comment est née votre vocation ?
Claudine Aubrun : J’ai toujours pensé que j’écrirai des livres. Mais comme je suis issue d’une famille modeste, je n’en ai jamais parlé. Devenir écrivain me paraissait possible et impossible à la fois. Possible parce que j’avais une forte envie de raconter des histoires et impossible parce que je n’avais pas le mode d’emploi du milieu de l’édition. J’ai toujours tourné autour du livre et de l’image. Depuis plus de dix ans, je suis responsable d’une collection d’ouvrages sur le patrimoine historique. Faire les livres des autres m’a longtemps suffit. Puis, un jour, en revenant de l’enterrement d’un ami, j’ai pensé que la vie était trop courte et qu’il fallait avoir le courage de réaliser ses désirs…

Ricochet : Avant de devenir auteur, vous avez eu d'autres métiers. Ont-ils eu une influence sur votre façon d’écrire ?
Claudine Aubrun : Quand je ne suis pas auteur, je suis chargée de la communication. J’écris beaucoup de textes, souvent pour un public jeune, qui doivent être clairs et précis. Je pense que ce travail m’a appris à aller à l’essentiel. Il me semble que mon style d’écriture, assez énergique et direct doit beaucoup à cette activité. J’ai aussi fait des tas de petits boulots qui n’ont pas forcément une relation avec l’écriture mais qui constituent une sacrée expérience. Je m’en sers pour créer des situations ou des personnages.

Ricochet : Ecrire pour les jeunes et pour les adultes, quelle différence ?
Claudine Aubrun : Je pense qu’il est possible de traiter les mêmes thèmes en littérature adulte ou en Jeunesse. Toutefois on ne les aborde pas sous le même angle. On n’emploiera pas les mêmes mots sans doute, ni les mêmes images. Pour moi, la littérature jeunesse est loin d’être un genre mineur. D’ailleurs, beaucoup de textes peuvent être lus par des adultes sans qu’ils s’ennuient une seconde…

Ricochet : Y-a-t-il un genre littéraire que vous affectionnez ?
Claudine Aubrun : Le roman policier. Je lis beaucoup de littérature policière. On trouve dans ce genre pas mal de très bons auteurs qui racontent des histoires dans un style excellent. Il me semble que c’est un domaine où il règne une grande liberté de ton.

Ricochet : Parmi les auteurs jeunesse, y en a-t-il un dont vous admiriez particulièrement le travail ?
Claudine Aubrun : Chaque fois que je lis un livre de Roald Dahl, je suis émue. Ses textes touchent une part de l’enfance qui ne demande qu’à vibrer. J’aime aussi les livres de Marie Desplechin et de Michel Piquemal

Ricochet : Soumettez-vous vos textes à la critique de vos proches avant de les proposer à vos éditeurs ?
Claudine Aubrun : Toujours. Je fais lire mes textes à mon mari et à ma fille aînée (elle a bientôt seize ans) Mon mari a une grande culture dans le roman policier (il est collectionneur) Il me donne des références d’ouvrages. Il est très fort pour traquer les invraisemblances, les incohérences. Ma fille s’attache plus au personnages et à l’ambiance. Elle me dit si elle « sent » ou ne « sent pas », telle situation. Si elle me dit « c’est bof! », je l’écoute toujours et je modifie le passage concerné ou les personnages.

Ricochet : Y-a-t-il des thèmes que vous ne pourriez pas aborder dans vos ouvrages ?
Claudine Aubrun : Même si j’aime créer du suspense et de la tension, l’horreur des crimes ou des violences sur les enfants me paraissent impossible à écrire.

Ricochet : Pourriez-vous écrire des albums ?
Claudine Aubrun : J’y pense. Ecrire plus court, c’est le contraire de la facilité. C’est un pari qui me tente. J’ai de si beaux souvenirs des albums que je lisais à mes filles que j’aimerai à mon tour écrire pour des petits.

Ricochet : Quels sont vos projets, si vous en avez, pour les prochaines années ?
Claudine Aubrun : Ecrire pour tous.

Voir aussi : La biographie de Claudine Aubrun sur Ricochet
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