Notre invité : Anne-Laure Bondoux


Née dans les Hauts-de-Seine en 1971, Anne-Laure Bondoux a émis très jeune le désir de devenir un jour écrivain et à 18 ans à peine, elle avait terminé l'écriture d'un premier roman, entièrement tapé sur une vieille machine à écrire mécanique de son père. Après un bac littéraire, elle réalise études de Lettres Modernes. Des petits boulots, la rédaction de deux autres romans et l’écriture de chansons et de pièces de théâtre plus tard, Anne-Laure Bondoux entre comme rédactrice chez Bayard presse et participe à la création du Magazine «Maximum » devenu ensuite Dlire. C’est là qu’elle découvre l’univers de la littérature jeunesse. Ses premiers textes sont alors publiés dans les revues (Astrapi, Belles Histoires, J’Aime Lire). En 2000, elle quitte son poste de journaliste et se consacre aujourd’hui entièrement à l’écriture.
Anne-Laure Bondoux utilise désormais l’ordinateur. Et ses romans rencontrent un vif succès.
- A quel "héros"/ personnage de fiction vous identifierez-vous volontiers ?
Le personnage de Karen Blixen incarné par Meryl Streep dans « Out of Africa » m’a toujours fait beaucoup d’effet.

- Quelle utopie seriez-vous prêt(e) à défendre ?
Liberté égalité fraternité.

- A part être écrivain ou illustrateur, que rêveriez-vous d'être ?
Voyageuse-exploratrice, reporter radio... et les jours où je me sens fatiguée, j’aimerais être salariée dans n’importe quel bureau.

- Où écrivez-vous ? Quel est le lieu qui vous inspire le plus ?
J’écris toujours repliée dans mon bureau, mais je travaille du chapeau dans les trains en regardant défiler le paysage, avec de la musique dans les oreilles. J’ai souvent des idées entre deux gares. Sinon, je trouve l’inspiration en lisant ou en voyant des films.

- Quel est le sentiment qui vous habite le plus souvent ?
Le sentiment que la vie vaut le coup d’être vécue, même si c’est parfois épuisant.

- Quel (s) genre(s) de livre(s) vous tombe(nt) des mains ?
Les livres écrits avec les pieds.

- Que redoutiez-vous enfant ?
La mise à l’écart. Les groupes d’enfants sont si cruels...

- Vous arrive-t-il de côtoyer des êtres imaginaires ?
À peu près tout le temps !



- Que feriez-vous ou diriez-vous à un ogre s'il vous arrivait d'en croiser un ?
Je serais assez tentée de lui dire : mange-moi. Pour voir ce que ça fait. Mais à condition qu’il me recrâche.

- Qu'avez-vous conservé de l'enfance ?
Le temps de rêver, le droit de rêver, et beaucoup d’histoires.

- Selon vous, qu'est-ce qui fait vendre un livre ?
Je suppose que personne n’a de réponse scientifiquement valable à cette question, ça se saurait !

- Quel qualificatif vous colle à la peau ?
Il paraît que je suis positive et optimiste. Moi qui voulais être un écrivain romantique et torturé...

- Quelle est la meilleure phrase qu'un enfant vous ait dite ?
« Quand pensez-vous prendre votre retraite ? » : ce qui confirme que les enfants sont cruels !

- Quelle est votre définition du bonheur ?
Avoir le cœur battant en regardant le jour se lever.

- Si vous aviez la possibilité de recommencer, que changeriez-vous ?
J’aurais voulu naître dans une famille polyglotte, dans un endroit exotique, pour parler cinq langues sans effort et me sentir chez moi n’importe où.



- Enfant, quel genre de lecteur étiez-vous ?
Prête à toutes les aventures pourvu que ça m’emporte loin et fort.

- Vis-à-vis de quoi vous sentez-vous impuissant ?
Devant une machine en panne. Je reste incapable de lire une notice.

- Quel est l'animal auquel vous ressemblez le plus ? Pourquoi ?
Le taureau, paraît-il. Ou le bœuf. Animaux lourds, les pieds dans la terre, qui avancent plus ou moins nerveusement vers leur objectif.

- Quel est le mot que vous préférez dans la langue française ?
Humanisme et pamplemousse.

- Que souhaiteriez-vous que l'on retienne de vous ?
Quelques bons moments, au moins.

Vos livres
- Quelle est votre dernière sortie pour la jeunesse ?
« Le temps des miracles » chez Bayard collection Millézime. Expérimentation : il existe aussi en version dite « littérature générale », avec une couverture différente.



- Le(s) livre(s) dans votre production dont vous êtes particulièrement fier ou qui vous laisse(nt) un souvenir particulier
« Les larmes de l’assassin » pour la sensation d’apesanteur et de facilité qui ont accompagné la période d’écriture. « Pépites » et « La Princetta et le capitaine », pour l’âpreté et les obstacles que j’ai eu à surmonter pendant l’écriture.

- Quel est le thème que vous aimez davantage traiter ?
Je crois que ça pourrait se résumer par : comment sortir, la tête haute, de ce guêpier ?



- D'où est né votre premier livre/ illustration ?
Mon premier manuscrit achevé : d’une histoire d’amour, bien entendu... Mon premier livre publié (Le Destin de Linus Hoppe) : d’une controverse houleuse, lors d’une discussion avec des gens au sujet du système scolaire.

- Quel livre en littérature de jeunesse auriez-vous voulu écrire ou réaliser à la place d'un autre ?
« Le passage » de Louis Sachar. L’atmosphère, les personnages, la fantaisie, les rebondissements : tout y est.

- Sur quel projet travaillez-vous actuellement ?
Un prochain roman qui entrera dans la collection Millézime chez Bayard. Il est trop tôt pour en dire quoi que ce soit, mais je sens que les personnages commencent à vivre et je suis rassurée.

- Où et comment vous voyez-vous dans 10 ans ?
Heureusement, je ne vois rien. J’espère qu’il y aura des surprises.

- Quels sont vos livres "coups de cœur", les "incontournables" en littérature de jeunesse ?
Je lis peu de livres jeunesse, mais il y a « Oh boy » de Marie-Aude Murail, « La rivière à l’envers » de Jean-Claude Mourlevat, « les frontières » de Jean-François Chabas, « les histoires pressées » de Bernard Friot, les albums de Claude Ponti et de Tomy Ungerer... j’en oublie, bien sûr.

Culture
- Un film, une photo/illustration qui vous touche ?
Un de mes films préférés : « All that jazz » de Bob Fosse. Une comédie musicale qui se passe à Broadway, les affres d’un chorégraphe abîmé par la vie, l’amour, l’alcool, la drogue. Splendide.



- Un musicien
En ce moment, beaucoup de chansons de Souchon. Pour les paroles surtout. Pour la musique, les motets de Brückner, les sonates de Bach : l’un est céleste, l’autre apaisant. J’aime aussi le piano d’Eric Satie, mais ça me rend trop mélancolique...

- Un lieu où vous aimeriez vivre
New York, ou Berlin, ou Londres, ou Amsterdam. Ou Paris, moi qui suis banlieusarde ! Plutôt de grandes villes. Plutôt au nord. Mais c’est l’idée que je m’en fais.

- Une phrase (une devise) qui vous guide
En ce moment : « respirer par le ventre, ça va passer. »

Actualité
- Vos dernières (bonnes) lectures ?
Le livre que je suis en train de lire est fort bon ! Il s’appelle : « Ce livre va vous sauver la vie ». L’auteur : A.M. Homes. C’est chez Acte Sud.
Sinon, mon dernier gros coup de foudre : « La route » de Cormac Mac Carthy, éditions de l’Olivier.

Voir aussi :

Anne-Laure Bondoux sur Ricochet
Le site de Anne-Laure Bondoux
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