Notre invité : Germano Zullo


Né en 1968 à Genève, Germano Zullo est écrivain et poète. Après une formation à l’Ecole supérieure de commerce de Malagnou, il voyage deux ans en Europe et travaille quelques années comme comptable. Dès 1996, il publie aux Editions La Joie de lire, avec l’illustratrice Albertine de nombreuses histoires pour enfants. Il écrit aussi des poèmes et des romans. Aujourd’hui, il se consacre entièrement à l’écriture.


- A quel héros et/ou personnage de fiction vous identifierez-vous volontiers ?
Je m’identifie à tout ce qui existe et à tout ce qui n’existe pas.

- Quelle utopie seriez-vous prêt à défendre ?
Il faut d’abord commencer par réinventer l’utopie.

- En dehors votre approche d'auteur que rêveriez-vous d'être ?
Je ne crois pas que j’aurais été capable d’être autre chose.

- Où écrivez-vous ? Quel est le lieu qui vous inspire le plus ?
J’écris dans mon écrivarium et je ne possède aucune muse.

- Quel est le sentiment qui vous habite le plus souvent ?
La mélancolie.

- Quels genres de livres vous tombent des mains ?
Les livres ne me tombent jamais des mains.

- Que redoutiez-vous enfant ?
Dieu et le diable.



- Vous arrive-t-il de côtoyer des êtres imaginaires ?
Bien évidemment.

- Que feriez-vous ou diriez-vous à un ogre s'il vous arrivait d'en croiser un ?
On parlerait bouffe, tout en faisant ripaille.

- Qu'avez-vous conservé de l'enfance ?
Je suis toujours enfant.

- Selon vous, qu'est-ce qui fait vendre un livre ?
Je ne crois pas qu’il existe de recette miracle. Cela dépend de beaucoup de choses. Mais le plus important c’est de mettre à disposition de tous, le plus grand nombre possible de livres et pas seulement ceux qui se vendent bien.

- Quel qualificatif vous colle à la peau ?
Contemplatif.

- Quelle est la meilleure phrase qu'un enfant vous ait dite ?
Quand tu parles on dirait que tu parles le germano.

- Quelle est votre définition du bonheur ?
Le bonheur est un détail qui embrase l’âme.

- Qu'est-ce qu'un bon texte de poésie ?
Je ne crois ni à la bonne poésie, ni à la mauvaise poésie. La poésie est là. Et puis c’est tout.



- Si vous aviez la possibilité de recommencer, que changeriez-vous ?
Je crois bien que je renoncerais à recommencer.

- Enfant et adolescent, quel genre de lecteur étiez-vous ? Que contenait votre bibliothèque ?
Depuis toujours je rêve de lire et de côtoyer tous les livres de l’univers.

- Vis-à-vis de quoi vous sentez-vous impuissant ?
Beaucoup de choses sont plus fortes que moi et je ne revendique aucune forme de pouvoir.

- Quel est l'animal auquel vous ressemblez le plus ? Pourquoi ?
Je crois que je ressemble davantage à un arbre.

- Quel est le mot que vous préférez dans la langue française ?
En français, je ne sais pas. En italien : mama.

- Que souhaiteriez-vous que l'on retienne de vous ?
Qu’on se souvienne de moi comme quelqu’un de chouette.



Vos livres

- Quelle est votre dernière sortie pour la jeunesse ?
Les Oiseaux et Le plus Grand Footballeur de tous les Temps.

- Pouvez-vous nous détailler l'écriture de "Le plus grand footballeur de tous les temps", sorti au sein de la nouvelle collection "Encrage" ?
Un livre commence toujours par le titre. Ce titre est là depuis très longtemps. Depuis beaucoup plus longtemps que la première phrase. J’écris dans ma tête, à chaque instant, plusieurs livres à la fois. Le transfert sur le papier est un processus lent. Il faut beaucoup trier et condenser. Le plus souvent c’est le livre qui décide. Il s’impose. Pour le plus Grand Footballeur de tous les Temps, tout est parti d’une antique certitude : les plus grands talents ne se révèlent pas.



- Pouvez-vous nous évoquer la genèse de l'album " Les oiseaux" ?
Cela faisait longtemps que je voulais collaborer avec Albertine sur un texte directement plus poétique. Dans cette direction, nous avions publié l’année dernière une petite plaquette intitulée Procession aux éditions Alidades. Avec Les Oiseaux, nous prolongeons cette démarche en littérature jeunesse. J’ai d’abord réalisé un scénario que je voulais très cinématographique. Albertine s’est magnifiquement emparée du sujet. Le texte est ensuite venu se poser, je dirais presque naturellement, sur quelques-unes des images.

- Les livres dans votre production dont vous êtes particulièrement fier ou qui vous laissent un souvenir particulier.
Je les aime tous. Non par fierté. Mais par amour. Ce sont des êtres chers.

- Quel est le sujet que vous aimez davantage traiter ?
Je suis hanté par quantité de fantômes. Il serait impudique de les dénombrer ici, mais en littérature jeunesse, ils apparaissent ici et là de manière imperceptible. Certains auteurs préfèrent parler de thèmes ou d’obsessions. Pour ma part le mot fantôme définit parfaitement ce à quoi je suis confronté au quotidien.

- D'où est né votre premier livre ou texte ? Que racontait-il ?
Mon premier livre s’intitule Des Monstres sur Mars. J’ai commencé à l’écrire avant de savoir écrire et il est toujours en cours d’écriture. Dans Quelques Années de moins que la Lune, j’explique qu’il me faudra probablement deux cent ans pour pouvoir le terminer. Ce livre raconte le premier voyage habité vers la planète Mars.



- Quel livre en littérature de jeunesse auriez-vous voulu écrire ou réaliser à la place d'un autre ?
Peut-être Voyage au centre de la Terre de Jules Verne.

- Sur quel projet travaillez-vous actuellement ?
Les plus avancés en littérature jeunesse : Le Chat sans Queue, pour le Théâtre de Marionnettes de Genève. Adaptation de Guy Jutard. En film d’animation : Ma Vie de Courgette. Réalisation de Claude Barras. En album : Les Gratte-ciel. Illustrations d’Albertine.

- Où et comment vous voyez-vous dans 10 ans ?
J’ai bien peur d’être immuable.

Références
Littérature de jeunesse

- Un livre pour la jeunesse qui vous a marqué petit ?
Ma Première Encyclopédie de Jeanne Seguin et Hélène Poirié.



- Quels sont vos auteurs-illustrateurs de référence ou qui pour vous développent une approche intéressante ?
Ceux qui me viennent maintenant : Pierre Grippari, Gianni Rodari, Léopold Chauveau, Tomi Ungerer, Bruno Munari, Roberto Innocenti, Arthur Rackham, Wolf Erlbruch, Sara, Beatrice Alemagna, Anne Herbauts, Géraldine Alibeu, Jürg Schubiger, Erlend Loe, Roald Dahl…

- Quels sont vos livres "coups de cœur", les "incontournables" en littérature de jeunesse ?
Les contes de Perrault, ceux des frères Grimm, Pinocchio, Alice au Pays des Merveilles, les aventures de Tintin…

Culture

- Un film qui vous touche ?
2001, l’Odyssée de l’Espace de Stanley Kubrick.

- Un musicien ou une musique qui vous transporte.
En ce moment j’écoute en boucle cette vieille rengaine des années 1970 : Rino Gaetano. Ma il cielo e sempre piu blu et puis une des années 1960 : Stella. Pourquoi pas moi. Autrement je suis très : Paint it Black.
- Un lieu où vous aimeriez vivre
Rome.

- Une phrase (une devise) qui vous guide
Je ne possède pas de devise.



- Un artiste qui vous travaille
Antonello da Messina.

Actualité

- Vos dernières (bonnes) lectures ?
2666 de Roberto Bolaño.
Bartleby et Compagnie d’Enrique Vila-Matas.
Il Domnio dei Morti de Mauro Fabi.

- Un site (sur les techniques graphiques, un auteur-illustrateur, une approche particulière du texte, de la littérature...) que vous souhaitez recommander ?
Une mine d’or
Le blog de Didier Jacob
Un logiciel d’écriture

Voir aussi :

Germano Zullo sur Ricochet
new