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LONGUE VIE AUX ILLUSTRATIONS !

Par
Emmanuelle Martinat-Dupré
Il faut saluer l'initiative de la Foire internationale du livre pour enfants de Bologne qui a programmé cette année, dans le cadre de la 49e édition de cette prestigieuse manifestation, une table ronde, le 20 mars, au Café des illustrateurs, pour évoquer le sujet actuel et pertinent de la conservation des originaux d’illustrateurs/trices.
Les efforts conjugués de Roberta Chinni, la directrice de la Foire, de l’illustratrice d’origine florentine Letizia Galli et la confiance de Carla Poesio, « grande dame » de la littérature jeunesse en Italie, à l’instar de Janine Despinette en France, ont incontestablement facilité cette première.
 
Maria Linsmann, du Burg Wissem Museum, Troisdorf, en Allemagne, Letizia Galli, venue évoquer sa récente donation (en 2010) de 2 906 dessins au Conseil général de l’Allier pour le musée de l’illustration jeunesse, à Moulins, en région Auvergne, Andréa Rauch, modérateur, illustrateur italien, et moi-même avons donc eu l’opportunité d’une tribune de 60 bonnes minutes.
Dans l’auditoire, Janine Despinette, Janine Kotwica, qui dirige le Centre André François, à Margny-lès-Compiègne, Kyoto t. Matsuoka, conservatrice du Itabashi Art Museum de Tokyo, Binette Schroeder, illustratrice, des représentants du musée d’art Stepan Zavrel, Centre international d’étude de la culture de l’enfance, à Undine, quelques éditeurs français et visiteurs de la Foire.
L’occasion était donnée de rappeler que les illustrations originales, fruits d’un art appliqué, commandées à des artistes pour les besoins de l’édition jeunesse, sont des œuvres graphiques à considérer, fragiles, en raison parfois du medium utilisé (encres, écolines…), de manipulations successives, d’une exposition prolongée à une lumière trop intense, de dégradations dues à d’importants écarts de températures ou d’humidité relative…
Letizia Galli a judicieusement rappelé l’incendie de l’atelier d’André François où l’œuvre d’un artiste de première importance s’est littéralement consumée.

 

 
Quelques institutions muséales de par le monde proposent de conserver dans des conditions optimales ces originaux.
Avec près de 20 000 œuvres graphiques, la collection du Troisdorf, à côté de Cologne, qui détient des œuvres de Leo Lionni et par ailleurs un exemplaire du célèbre Orbis sensualium pictus du pédagogue tchèque Comenius, paru en 1658, fait figure de lieu singulier et remarquable.
A la constitution d’une collection, l’établissement ajoute ses efforts à la mise en place d’une politique d’animations régulières en faveur de tous les publics.
C’est ce que fait de son côté aussi le musée de l’illustration jeunesse, à Moulins, qui accueille les illustrateurs pour encourager la création et proposer en partage leur savoir faire, et propose visites et ateliers à des groupes constitués, scolaires ou autres, venus s’initier à l’art d’illustrer, à l’histoire du livre illustré jeunesse et découvrir ses expositions temporaires (cf. entretien Ricochet mené par Etienne Delessert avec Emmanuelle Martinat-Dupré).
Le musée de l’illustration jeunesse constitue depuis bientôt 8 ans une collection ayant valeur patrimoniale qui s’enrichit de donations et acquisitions, dans un contexte où, par ailleurs, la valeur marchande des œuvres a connu, depuis plus de 20 ans, une certaine spéculation, à la faveur du travail des galeristes qui ont fait remarquer l’illustration contemporaine.
La collection, qui compte désormais près de 5 000 œuvres originales d’une trentaine d’artistes, s’est ouverte à des pièces rares du 19ème siècle, parmi lesquelles un Rodolphe Töpffer et un bois gravé de Gustave Doré, sans oublier pour autant les talentueux contemporains parmi lesquels Lorenzo Mattotti ou Kveta Pacovska.
Tout en étant tributaire du marché et de la volonté des illustrateurs de se séparer ou non de leurs originaux, la démarche du musée de l’illustration jeunesse a été de rechercher, et de trouver, un équilibre permettant d’acquérir des œuvres marquantes représentatives de différents courants artistiques, ainsi que de diverses conceptions de l’illustration du livre de la jeunesse.

 
 
 
La table ronde organisée à Bologne a fourni également l’occasion d’évoquer, brièvement sans doute, la question des critères d’éligibilité d’une œuvre au statut/rang d’objet patrimonial. On le devine, on le sait, les critères d'achat pour de l'art contemporain sont hétérogènes. L'expertise a recours à une argumentation dont les logiques ne sont pas toujours partagées. Et puis il y a la question de la légitimité de ceux qui font l’expertise : sensibilité, formation, connaissance précise des côtes d’artistes pour lesquels n’existent encore ni Akoun ni Bénézit.
 
Cette table ronde aura enfin peut-être permis d’amorcer la constitution d’un réseau de professionnels de la conservation et de la valorisation des illustrations
Nous devons travailler activement au développement de relations nourries avec les institutions qui, comme nous, œuvrent pour la constitution d’une mémoire de l’illustration. Il faut développer les collaborations muséales et les échanges avec les acteurs de la diffusion de l’information sur l’illustration et, plus largement, sur le livre illustré.
 
Rappelons que nous ne disposons d'aucun recensement exhaustif encore à ce jour de l’ensemble des institutions, publiques et/ou privées, en France et dans le monde, dans lesquelles des collections de planches originales d’illustrateurs d'ouvrages pour enfants ont été initiées et sont enrichies régulièrement.
Il faudrait un effort de chacun de signalement de son fonds d’œuvres graphiques et des outils collectifs. L'accès à l'information sur ces fonds permettrait incontestablement davantage d'échanges et faciliterait tant le travail des chercheurs que celui des commissaires d'expositions.
 
En mars 2007, un rapport sur la promotion et la conservation du dessin de presse, réalisé par une Mission que dirigeaient Georges Wolinski et Jean-Claude Simoën, avec pour rapporteur Pierre Duvernois, fut présenté.
 
Il faudrait aujourd'hui convaincre le Service du Livre et de la Lecture, au Ministère de la culture et de la communication, de l’importance de mener une mission identique sur l’illustration jeunesse française contemporaine.
L'idée, tout au moins, est ici lancée !


Emmanuelle Martinat-Dupré est responsable scientifique du Centre de l’Illustration Jeunesse de Moulins
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