Le temps du Capitaine Brett
L'avis de Ricochet
Quel est ce Temps auquel fait référence le titre de ce nouveau roman graphique de Blexbolex ? Le temps de l’enfance rêveuse et aventureuse, où l’imagination vagabonde et l’esprit se nourrit de fantasmagories, où le courage et l’audace le disputent à la sagesse et à la raison, un temps qui nous construit et demeure en nous comme le souvenir d’un éternel été.
À la suite de Peter Pan et d’Alice, lors de voyages fantastiques autour du monde ou vingt mille lieues sous les mers, et avant d’aborder d’autres rivages littéraires tout aussi merveilleux, le nouveau Petit Prince imaginé par Blexbolex nous entraîne dans une lecture où l’osmose entre texte et illustrations compose un récit absolument moderne.
Hyéronimus Perthuis a douze ans lorsqu’il arrive chez son oncle, un vieux savant collectionneur et secret. Un prénom rare, un nom Perthuis, qui signifie passage, comme un indice polysémique, celui d’une transition, d’un voyage, d’une transformation. Très vite lassé de contempler des collections de curiosités auxquelles il ne doit pas toucher, le jeune garçon va partir à la découverte de cette ville inconnue, où les toits monumentaux ressemblent à des coques de navire renversées. Au détour d’un canal, après avoir passé un énième pont, Hyéronimus est enlevé par un drôle de capitaine de vaisseau, fantôme squelettique autoritaire et manipulateur, secondé par deux lieutenants, un chat anthropomorphe, « à l’air matois », et une jeune fille masquée qui l’ont attiré dans le piège : c’est un équipage de pirates ! Hyéronimus est alors entraîné dans une folle aventure. Que va-t-il advenir de lui, tombé entre ces mains maléfiques ?
Le texte imprimé dans une élégante cursive inscrit l’aventure dans un passé de fiction, une construction qui mélange réalisme et fantastique, et stimule la curiosité. Le lexique choisi, parfois précieux, participe à créer l’atmosphère. Alors qu’il révèle peu à peu les différents éléments de l’histoire, le texte s’inscrit en cadre autour de l’illustration, déployée sur la double page comme l’exposition d’une réalité modifiée par des couleurs artificielles acidulées, comme d’anciennes cartes coloriées. Plans rapprochés, panoramiques, cartes postales ou portraits, déclinaison de l’action en vignettes dynamiques, l’ensemble de ces procédés rend la lecture vivante et addictive. La multitude de détails ralentit le rythme de lecture et enrichit le texte, en facilitant la création d’images mentales : l’œil voyage lui aussi entre texte et images, sans répit mais sans fatigue, toujours en quête, toujours curieux.
Un héros plein d’audace, un univers du passé, des lieux propres au mystère et à l’aventure : quartiers cachés, marché nocturne, rivière et canal aux multiples ramifications, tunnels obscurs, antre secret, le tout dans une nature très luxuriante, comme l’éveil du printemps, l’univers graphique de Blexbolex sert cette fois encore la fabrique de l’imaginaire et nourrit le goût de l’action. Des personnages énigmatiques, qui gardent leur secret, des personnages secondaires caractéristiques du genre, un vieil oncle savant et mystérieux, une gouvernante affable et la reine des gourmandises, quelques enfants gâtés, téméraires et arrogants, et une multitude de figures patibulaires ou grotesques : la faune humaine n’est pas en reste dans l’accumulation de motifs pour alimenter les rêveries, ou les cauchemars, et l’imaginaire des lecteurs de ce nouvel opus d’un Blexbolex toujours en verve et toujours fascinant !
Un magnifique voyage dans l’imaginaire de l’enfance.
Présentation par l'éditeur
Hyéronimus est confié par ses parents à un oncle fantasque et distrait le temps d’un été.
Alors que l’ennui le pousse à explorer la ville inconnue, il est fait prisonnier par un équipage de pirates criminels !
Malgré lui, il participe à une course poursuite avec la police fluviale, puis découvre la cache souterraine et le trésor des pirates… Alors qu’il pense s’être enfin extirpé sain et sauf de son kidnapping…
il retombe entre les griffes du mystérieux et redoutable Capitaine Brett.