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Date de publication
Age-cible

Tigout est morte ce matin

Sélection des rédacteurs
Album
à partir de 5 ans
: 9782373112061
17.30
euros

L'avis de Ricochet

Tigout est morte ce matin : le titre résume une histoire simple : la vie et la mort d’une goutte d’eau, fille d'un amour entre Grograin et Fifiné-Lapli, dans un monde de nuages et de joie. Un jour, en jouant, Tigout perd le contrôle d’elle-même et chute vers la Terre, elle se laisse emporter par le vent et tombe dans une ravine. Sa chute est observée par d'autres gouttes qui se joignent à elle, formant une pluie salvatrice.

Sur cette trame limpide, les auteurs construisent un univers fort, poétique qui prend le lecteur par le cœur​. 

L’illustration d’Amélie-Anne Calmo, en bleu, gris, vert, clairs ou sombres, en mouvement comme le vent et l’air, combine les masses colorées. L'anthropomorphisation des nuages ajoute une touche joyeuse ou émouvante, bleu-douceur, selon l’étape de l’histoire.

Max Rippon, en conteur, expert commence son texte par « Il était une fois » et rythme le récit par une ritournelle : « Yé krik ! Yé krak ! ». Il rend avec justesse le sentiment d’attente de l’eau par la nature, détaille les arbres, la souffrance de la terre. Il intervient à la première personne et authentifie l’histoire avec des indications temporelles. Il sait jouer avec les émotions, évoque la triste histoire des cousines Banquises ou du vieux cousin Brouillard-Épais. Il prend aussi plaisir à nommer ses personnages avec malice : les deux complices qui attendent la naissance pour en tirer quelque profit s’appellent Ti Tonneau et Gros Barrique. 

L’auteur construit l’univers de Tigout comme une parentèle de conte rabelaisien ou africain. Tigout a pour famille les nuages Cumulus, Nimbus, Stratus... Certains sont hautains (Alto Cumulus), d’autres plus enjoués et joufflus (Cumulo-Nimbus). Tous ensemble, ils forment « les merveilleux nuages ».

Résumer l’histoire à la vie brève d’une goutte d’eau nommée Tigout comme l’annonce le titre ne dit rien du charme de ce récit, construit en lenteur et en volutes à travers les Caraïbes, l’Afrique ou le Moyen-Orient. Entre conte et épopée, nous lisons une ode à la pluie, attendue, espérée, mais qui sonne la mort de l’héroïne. Le récit évoque la lenteur de la construction de soi et du bonheur face à la soudaineté, la brièveté rude de la catastrophe : le temps se contracte et s’emballe…

Combat entre Tigout et le vent : on pense à La chèvre de monsieur Seguin, lutte inégale à la vie, à la mort : « Tigout a tenu jusqu’au bout de sa longues agonie ». 

Présentation par l'éditeur

La sensibilité poétique de Max Rippon l’a conduit à publier la mort d’une goutte d’eau dans son premier recueil Pawòl Naïf, en 1986. Il revient sur ce thème obsédant pour ce fils originaire d’une île à l’eau rare. Il a assisté à la naissance et à la Passion de cette goutte d’eau dont il nous raconte l’agonie, tout en nous poussant à embrasser cet aspect de l’écologie.
Le cycle de l’eau… est illustré avec de belles touches de bleus nuancés, d’une rare tendresse.

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