Hachiko : chien fidèle
L'avis de Ricochet
Hachiko, un chien, fatigué, brumeux comme l’atmosphère qui l’entoure, poignant, est couché sur la couverture. Lluís Prats et Zuzanna Celej nous racontent une histoire d’attachement entre un homme et un chien, un chien et un homme. À égalité.
Dans un Japon d’entre-deux guerres, au rythme lent, aux traditions marquées, aux hiérarchies sociales tranchées, les auteurs installent les lecteurs dans un quartier de Tokyo, Shibuya, autour de la gare, pivot de l’histoire puisque c’est là que, le matin, le respectable et respecté professeur Hidesaburo Ueno prend le train pour rejoindre l’université d’agronomie de la Todai. Tous les soirs à 17h15, le professeur Ueno rentre chez lui. Quotidiennement, il salue le postier, le chef de gare, l’épicier, la poissonnière.
En janvier 1924, sa femme et lui offrent à Chizuko, leur fille, un chien akita.
Mais alors qu’il doit aller le chercher à la poste, il oublie. Vite, juste avant la fermeture, il va chercher le petit chien d’un mois et demi, blanc comme une fleur de cerisier complètement épuisé.
Lorsque s’échangent leurs regards, le professeur est frappé par son intelligence…
Hachiko ne sera jamais le chien de sa fille, son futur mari est allergique aux chiens. Cela réjouit le sage professeur...
Un an et demi de bonheur, puis dix ans de solitude.
Tous les matins, le professeur et son chien partent à la gare. Tous les soirs au train de 17h15, Hachiko attend le bruit de la canne ferrée et du portillon qui grince.
Le 21 mai 1925, le professeur doit faire une conférence importante, il est nerveux, Hachiko aussi.
Le soir, à la descente du train, personne.
Comment Hachiko pourrait-il savoir que le professeur est tombé en pleine conférence, mort ?
Madame Ueno, tout le monde, pensent que cela va cesser mais tous les matins, tous les soirs, quel que soit le temps, le chien akita se rend à la gare.
Lluís Prats et Zuzanna Celej traitent l’atmosphère tokyoïte et les portraits des personnages avec une infinie poésie. Le retour périodique des personnages, les paroles habituelles qu’ils prononcent, leurs comportements déférents ou bougons, tout contribue à rendre proche la vie quotidienne du quartier. L’aquarelle de l’illustratrice, les couleurs blanc beige marron clair dominantes renforcent la tendresse, la tristesse ou la sérénité que l’on éprouve tour à tour...
Cette histoire vraie, vieille d’un siècle, nous touche profondément et résonne doucement, lorsque le livre est refermé.
Présentation par l'éditeur
Les plus belles histoires d’amitié ne naissent pas forcément sous les meilleures augures.
Et celle d’Hachiko et de son maître ne fait pas exception à la règle...
Lorsqu’il cède aux supplications de sa fille en lui offrant un chiot akita, le professeur Ueno n’avait pas pensé que sa vie ne serait plus jamais la même.
Contre toute attente, cet homme dont la vie est réglée comme du papier à musique ne