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Date de publication
Age-cible

Elise

Sélection des rédacteurs
Bande dessinée
à partir de 11 ans
: 9782889085279
17.90
euros

L'avis de Ricochet

L’aînée d’une fratrie de trois enfants, Élise s’approche de l’école, tenant son cartable dans une main et tirant sa petite sœur de l’autre. La cloche sonne ; les élèves se mettent rapidement en rang afin de montrer la propreté de leurs mains à l’institutrice avant d’entrer dans le bâtiment. La leçon commence, tous les enfants du village se retrouvent ensemble dans une classe unique. Alors que les élèves s’appliquent à reproduire un bouquet de fleurs, Élise s’aperçoit qu’elle n’a pas de crayon vert et demande à son voisin de lui prêter le sien. Ces paroles prononcées dans une classe autrement silencieuse seront de trop : la fillette doit se tenir à genoux dans un coin et porter deux encyclopédies au-dessus de sa tête en signe de punition. Un besoin urgent d’aller aux toilettes se fait sentir, qu’Élise demande à pouvoir soulager ; autoritaire et convaincue de son bon droit d’enseignante, l’institutrice refuse. L’humiliation n’en deviendra que plus vive lorsqu’Élise ne parviendra plus à se retenir et se souillera devant toute la classe.

Auteur-illustrateur suisse, Fabian Menor présente dans cette sublime bande-dessinée un aperçu bouleversant de l’enfance de sa grand-mère, qui a grandi dans un petit village français dans les années 1950. La vie scolaire exigeait alors une obéissance exemplaire, faute de quoi les punitions corporelles et les humiliations se distribuaient avec une facilité troublante. Élise fera douloureusement les frais de la maltraitance tyrannique de son enseignante, Mme Jousseau. Consciente de l’injustice de la situation, elle osera en parler à son père alors qu’elle revient de l’école avec une blessure au front, le résultat d’une gifle. Le père viendra confronter cette dernière, mais elle niera farouchement, prenant à témoin les autres enfants qui demeureront silencieux par peur des représailles.

À une époque où la parole de l’enfant pèse si peu face à celle de l’adulte, Élise ne sera pas entendue. Des coups pleuvront encore jusqu’à ce que l’inspecteur académique, de passage dans la classe, remarque la balafre d’Élise, qui témoignera une nouvelle fois de la cruauté de Mme Jousseau. Sous l’impulsion du frère d’Élise, d’autres camarades de classe se lèveront pour soutenir la jeune fille et faire enfin éclater la vérité.  

Avec un sujet aussi tragique, on pourrait aisément s’attendre à une œuvre pesante, mais il n’en est rien. Évitant une vision trop manichéenne du bien contre le mal, Fabian Menor manie les contrastes afin d’offrir à ses personnages une complexité nuancée, le choix du noir-blanc se limitant donc à l’illustration de l’album, par ailleurs magnifiquement réussie. Proche des animaux, généreuse envers les enfants plus fragiles mais résistante face à la hargne de son enseignante, Élise, mélange de douceur et de courage, illumine les pages sombres du récit. Une contradiction que l’on retrouve plus subtilement dans le portrait de Mme Jousseau qui, malgré un sadisme apparent, fera preuve d’un soin patient envers son potager florissant et relèvera les compétences scolaires d’Élise, au grand étonnement de celle-ci. L’humain s’avère toujours plus complexe qu’il ne paraît.

Mise en lumière de la résilience et du courage de l’enfance, émouvant hommage envers la force de caractère d’une jeune fille, quel coup de cœur pour cette bande-dessinée au grand talent.

Présentation par l'éditeur

Un temps où la protection de l’enfance n’était pas encore imposée dans les écoles.


Élise vit avec sa famille dans une maison à côté des voies de chemin de fer. Quand elle n’a pas classe, elle aide sa mère aux tâches domestiques ou se promène avec son chien, le fidèle Dicko. Son enfance ressemble à celle de n’importe quelle petite fille de la fin de la première moitié du XXe siècle. Enfin