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Date de publication
Age-cible

L'herbier philosophe

Sélection des rédacteurs
Album
à partir de 8 ans
: 9782246816652
18.50
euros

L'avis de Ricochet

Agnès Domergue et Cécile Hudrisier ont pensé cette balade en poésie comme la découverte d’un chemin bordé de fleurs communes ou plus étranges ; sans ordre apparent, elles surgissent à la tourne de chaque page, à droite, et s’offrent au lecteur, délicates aquarelles à peine soulignées, parfois augmentées, d’un fin trait d’encre noire. Car en dépit de l’annonce du titre « Herbier », il ne s’agit pas d’une représentation naturaliste pour un ouvrage de botanique : ces illustrations, où les couleurs sont posées comme des gouttes translucides, à la fois précises et évanescentes, sont la première entrée dans le livre ; elles se feuillettent, se déplient comme un éventail et forment un arc-en-ciel frais et léger. Cet enchantement du regard est pour le lecteur un premier éveil esthétique.

Puis la curiosité s’affirme, et l’œil se tourne vers la page de gauche : la couleur dominante de l’aquarelle pare le titre de la page, à la façon d'une estampe qui garde son caractère transparent. C’est le nom « commun » de la fleur. Perce-neige, pavot douteux, pensée, misère ou encore immortelle sont les plus connus peut-être, si l’on a besoin de repères. D’autres, comme la rosée du soleil, le diable-dans-le-buisson ou encore l’arbre aux écus sont révélés par le nom latin qui légende la vignette dans le coin inférieur gauche. Droséra, Nigelle de Damas, Ginko biloba…

Et puis au centre de la page, le poème éclot, comme une fleur qui déploie ses pétales. On nous indique dans la notice éditoriale que cette forme-là nous vient du Japon, le Koan, et j’en garde la partie de la définition qui me semble correspondre à l’usage qu’en fait Agnès Domergue : « la méditation qui regarde le mot »[1]. Courtes phrases le plus souvent interrogatives, elles invitent le lecteur ou la lectrice à la réflexion, elles portent en elles un jeu sémantique sur le nom même de la fleur :

L’amour en cage
« L’amour est un oiseau. Si tu enfermes l’amour en cage, chantera-t-il encore demain ? »

Et suggèrent une correspondance toute baudelairienne :

La rose de porcelaine
« Quand les pétales de porcelaine tombent, entends-tu le silence se briser ? »

Si ce n’est l’éveil du Zen, c’est un éveil à la pensée poétique que nous offrent Agnès Domergue et Cécile Hudrisier ; les enfants seront accompagné·e·s dans la découverte de ces résonances magiques où « les parfums, les couleurs et les sons se répondent »[2], sensibilisé·e·s à leur musicalité, ouvert·e·s à leur polysémie : initié·e·s à la poésie, grâce à l’observation de la nature fantasque, échevelée ou austère, mystérieuse, une observation propre à la réflexion et au développement du langage.


[1]Qu’est-ce qu’un kôan ? – zen-occidental.net
[2] Charles Baudelaire. – Correspondances. – Les Fleurs du Mal.

Présentation par l'éditeur

À travers des plantes aux noms évocateurs, comme les immortelles, la pensée, l'éphémère, l'amour en cage ou la canne à pêche des anges, Agnès Domergue et Cécile Hudrisier s'inspirent de la forme japonaise ancestrale du Koan : de courtes phrases, anecdotes ou énigmes, pour méditer et provoquer ainsi « une étincelle d’éveil ». Du Koan éclot alors une fleur inconnue… 

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